Ecriture et Généalogie - 1

Pour que la généalogie prenne vie, que les souvenirs restent, que les ancêtres sortent de l'oubli, écrire un livre familial...
Ecrire son livre de famille
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Partie 1

Bonjour mon lecteur,

Vous y êtes, votre généalogie est bien avancée, vous êtes fier de votre travail mais se pose maintenant la question de la présentation du résultat de vos recherches.

Bien entendu, vous avez déjà édité -ou vous allez le faire- un certain nombre d'arbres généalogiques. Il y en a de très pratiques et d'autres très beaux et d'ailleurs, si vous avez quelques talents artistiques, il est certain que vous avez réalisé vous-même le plus bel arbre mais... cette présentation ne reflète que très incomplètement la somme des renseignements que vous avez accumulés... et vos ancêtres restent une suite de noms et de dates... 

Il faut que cette présentation puisse réellement rendre compte de la vie de vos ancêtres et qu'elle intéresse même les personnes de votre famille qui ne s'intéressent pas à la généalogie...et pourquoi pas des personnes complètement étrangères à votre cercle familial... et le meilleur moyen reste la biographie.

Vous hésitez, vous doutez de vos capacités... peut-être même avez-vous "oublié" au fond d'un tiroir un vieux manuscrit que vous aviez rédigé mais dont vous n'êtes pas satisfait, vous vous posez beaucoup de questions.
  1. Mais de qui parler et que dire à son sujet ?
  2. Comment faire et quel support utiliser ?
  3. Ai-je les capacités rédactionnelles, puis-je les acquérir ?
Tout est possible ! C'est certainement pour cette raison que l'exercice semble difficile.

Tentons de répondre aux premières questions générales que nous venons d'évoquer :
  1.  De qui parler et que dire ?
    • Un individu qui sort du lot
    • Une branche qui est restée pendant plusieurs générations dans la même maison
    • La vie des arrière-grands-parents
    • Pourquoi pas une branche patronymique entière depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours ?
Quant au contenu, il variera bien entendu grandement en fonction de l'individu (ou du groupe d'individus) que vous aurez choisi.

"Oui mais moi, je n'ai que des ancêtres ordinaires" me dit-on souvent...
Mais je pense sincèrement que chaque individu est extraordinaire, qu'aucune vie n'est banale... ma devise en généalogie est : "Toute vie mérite d'être contée comme on narre une aventure"
Voici ce que j'avais écrit lors d'un petit exercice d'écriture généalogique auquel je m'étais livrée il y a déjà quelques années. Il fallait rédiger une notice biographique sans connaître la généalogie de la personne en question.
Voici mes réflexions avant ma rédaction :
L'idée de raconter la vie d'une personne inconnue dans la généalogie de celui qui s'essaie à l'exercice est lancée. Il se trouve qu'éprouvée par les difficultés qui sont venues émailler ce dernier vendredi de ce mauvais mois d'août 2017, je m'offre cette petite récréation qui a pour nom "#AdopteUnAncêtre" mais je ne vais pas passer la nuit sur l'exercice.
Je pose donc mes conditions en choisissant un décor qui m'est familier, c'est ainsi que la ville où l'action se déroule est Avesnes que nous connaissons maintenant sous le nom d'Avesnes-sur-Helpe ; comme souvent, il y a une querelle autour de la toponymie... Bon, gardons l'idée la plus généralement admise qui dit que le nom de la ville viendrait du mot germanique avisna qui veut dire pâturage... qui me semble convenir parfaitement à cette région de l'Avesnois où l'on trouve bocages et vergers au milieu de ce paysage vallonné qui la caractérise, traversée par la rivière nommée Helpe. Je choisis 1900 parce que cette année toute ronde semble magique, prélude à ce siècle nouveau qui s'annonce, forcément, prometteur.
Les tables décennales que je consulte à la recherche de la première naissance qu'elles comportent pour cette année me renvoient à un acte enregistré le 04 décembre.
"Te rends-tu compte, bébé natif de la Thiérache de la beauté de cette vaste région naturelle liant pour toujours la France et la Belgique ?"
"Peux-tu imaginer, bébé natif de 1900 -si "Belle Epoque"- que tu vas être emporté comme fétu par le flot d'événements qui vont marquer l'Histoire comme jamais ?"


"Ho ! Mlle Louise Smart ! Vous m'avez l'air bien jeune... Mais, ai-je bien entendu ? Tu as 24 ans ! Ecoute jeune fille, je ne doute pas que tu aies été la première de ta classe et que ton expérience confirme et complète ton diplôme obtenu haut la main à l'école officielle du département. Je te trouve bien jeunette cependant et je vais me débrouiller sans toi."
C'est ce que j'aurais dit si j'avais été en mal d'enfant ce premier décembre 1900 mais aurai-je été légitime à prendre le risque de bouter hors de chez elle la sage-femme d'Avesnes ?
Cet acte dit que Fernand, puisque tel est le prénom qui lui est donné, est né à 6 heures du soir dans une maison sise rue d'Aulnoye de cette ville, il ne précise nullement qui y habite mais, comme je n'ai pas pu m'empêcher de m'assurer de l'expérience de l'accoucheuse et que je la trouve pratiquant souvent mais jamais deux fois au même endroit, je crois qu'il est probable que l'adresse notifiée est alors celle du logis familial.
Léon Pasqual, qui se titre "second adjoint faisant par délégation fonctions d'officier de l'état civil d'Avesnes" lorsqu'il rédige cet acte, nous apprend que le père du nouveau-né est Clovis Bail, âgé de 34 ans et qu'il est fileur. Ce métier me plaît bien, son nom parle de lui-même, et il n'est donc pas nécessaire de s'étendre sur le sujet.
Les 29 ans de la parturiente font penser que le bébé de ce jour n'est peut-être pas le premier mais Mme Bail née Néchal, ménagère, me pose un petit problème car elle se prénomme Phaldonie Claire, c'est bien entendu sur le premier, même s'il n'est sans doute pas l'usuel, que je trébuche car non, vraiment, je ne connais ni sainte ni déesse de la mythologie ni personne d'ailleurs portant ce prénom... mais mon ignorance en la matière ne doit pas laisser penser que ce prénom présente obligatoirement des particularités, il m'est inconnu, c'est tout.
Bon, la lecture de la fin de l'acte n'apprend rien sur le petit Fernand et ses parents car les témoins, signataires, le greffier de mairie de 34 ans et le vieil appariteur sont les auxiliaires habituels de Mlle Smart lorsqu'elle déclare une naissance.
Les mentions marginales en revanche présentent un grand intérêt en précisant que non seulement ce petit Fernand Bail va vivre mais qu'il va grandir jusqu'à atteindre l'âge d'homme puisqu'il se marie, le 21 avril 1923 toujours à Avesnes, avec Louise Magy et puis, de nombreuses années vont passer et le 24 septembre 1955, dans sa ville natale, Monsieur Bail, sans avoir connu le grand âge mais ayant atteint la maturité, quittera définitivement sa famille et ses amis.

Mon adoption n'est pas plénière, tant s'en faut, parce que, en me prêtant à ce divertissement, quelques scrupules sont venus perturber ma conscience... suis-je qualifiée pour m'immiscer dans la vie de ce Fernand, soit disant mon ancêtre de cœur, alors que, peut-être, il a des descendants de sang qui seraient très heureux d'être seuls à veiller à ce que son histoire sorte de l'éternel oubli ?

Bien entendu, il y aura beaucoup plus à dire au sujet d'un individu qui sort réellement de l'ordinaire soit parce qu'il est resté dans l'Histoire comme un homme politique, un soldat héroïque, un savant, un inventeur soit parce qu'il a défrayé la chronique en son temps comme un bandit de grand chemin, un multi-récidiviste, un bagnard...
Justement, je suis en train de préparer un livre entier sur les bagnards de ma généalogie parce que j'en ai un certain nombre de forçats, hommes et femmes...  envoyés au bagne pour des raisons très diverses...

Voici un extrait de la partie dédiée à l'une de "mes bagnardes", la malchanceuse Julia Noyon :


 Je vous laisse lire tranquillement et penser à vos propres narrations... mais n'hésitez pas à me laisser un commentaire soit en bas de cet article soit en bas du texte concernant Julia.

Et je vous dis à très bientôt pour la suite de mon article spécial "Formaliser sa généalogie"

Catherine Livet 
Pour lire la suite : Partie 2

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